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Revue de presse : du 24 juin 2005 du 24 mai au 6 juin 2005
     
Ekho Stolitsy (Les Échos de la capitale) du 24 juin 2005
Idéologie et politique en Russie, par Nikolaï Sleptsov


Après le message du président Poutine à l’Assemblée fédérale, le journaliste analyse la situation politique et l’état de la démocratie en Russie.
Il rapelle en quelques mots les deux premières étapes, nécessaires malgré certains effets négatifs, franchies avec succès par la Russie depuis la fin de l’URSS : la création d’institutions démocratiques dans les années 90 et la mise en place d’institutions économiques et juridiques au début des années 2000. Désormais, la Russie est considérée comme un état démocratique ayant développé son potentiel économique et remboursé ses dettes. En outre, les réserves de la Banque centrale sont bonnes.
 
 
La Russie aborde aujourd'hui une troisième étape, celle où “ le marché travaille pour l’homme et l’homme pour le marché ”. Or actuellement, le marché travaille pour les oligarques qui, parce qu'ils financent le gouvernement, ont la mainmise sur les décisions politiques. Selon Sleptsov, il existe deux façons de contrecarrer le pouvoir des oligarques dont l’influence menace la démocratie : renforcer les pouvoirs de l’État et favoriser la création de PME. Sleptsov note que Poutine semble se battre pour ces deux points.

Le journaliste explique ensuite qu’il est grand temps que les mentalités changent. Selon lui, le grand ennemi de la Russie n’est pas l'Ouest, comme beaucoup aiment à le dire, mais le système lui-même : corruption, bureaucratie, absence de partis d’opposition et de "nouvelles têtes" dans le paysage politique. Ou, pour résumer, absence d’une véritable démocratie, " une démocratie pour tous et non pour un nombre restreint de privilégiés ”.

Les remèdes à ces maux existent.

Revoir les modes de formation et d’avancement des fonctionnaires qui, selon Poutine, “ considèrent le service de l’État comme un moyen de développer leur business ” ;
Permettre l’apparition de nouveaux visages (qui ne soient pas issus de l’ancienne nomenklatura) et de vrais partis d’opposition, afin de créer une dynamique politique, garante de l’évolution des conditions de vie ;
Repenser la politique d’autonomie des régions, la plus grave des maladies de la Russie, réelle menace pour l’avenir. Les soulèvements dans certaines républiques voisines pourraient constituer un avant-goût de ce qui attend le pays;
Créer une classe moyenne disposant d'un réel pouvoir d’achat et capable d’investir, condition sine qua non du développement intérieur de la Russie.

Nikolaï Sleptsov conclut en rappelant que si la Russie a pris la voie de la démocratie plus tardivement que d’autres nations, cela ne l’empêche pas d'occuper une bonne place sur la scène internationale : " Il ne faut pas chercher à retourner vers un système libéral comme au 19e siècle, ou socialiste comme au 20e, mais aller de l’avant. "

Iakoutsk Vetcher (Iakoutsk Soir) du 24 juin 2005

Beslan : connaître la vérité, par Natalia Guevorkian

Réflexion sur le procès “ des ” auteurs de la prise d’otages de Beslan (un seul coupable sur le banc des accusés…).


Il faudrait que toutes les unes des journaux soient consacrées au procès de Beslan aussi longtemps que ce dernier durera. Si quelqu’un veut comprendre ce qu’est une crise de confiance envers un président, qu'il se tourne vers Vladikavkaz, là où se déroule le procès. Les parents des victimes sont comme le négatif d’une photo qui tôt ou tard va révéler ce qui s’est réellement passé à Beslan : les coupables plus ou moins directs ; tout ce qu’on a essayé de cacher ou de déformer ; tout ce que la commission parlementaire n’a jamais dit ; tout ce que les enquêteurs n’ont jamais trouvé...
Les parents des victimes et les victimes survivantes n’ont plus peur de rien. Ils veulent juste connaître la vérité et sont prêts à tout pour cela.(…) Je n’ai jamais vu un procès dans lequel les victimes prennent autant d’initiatives. Elles posent des questions précises et obligent leurs interlocuteurs à y répondre, n'hésitant pas à les contredire et à les pousser dans leurs retranchements. Ce n’est pas grâce au juge que l’on apprend les menaces faites à certaines victimes, témoins des faits, mais grâce aux mères de famille. Ce n’est pas le juge qui crie :“ Dis enfin la vérité ! pourquoi tu te tais ? qui te menace ? ”,mais les mères de famille. L'unique accusé pleure et demande à voix haute qui a bien pu faire cela. Il avance que le véritable coupable est libre, en train de regarder la télévision chez lui. Le prévenu représente le dernier espoir pour les victimes de connaître un jour la vérité. Avez-vous déjà vu un pays où l’on croit plus volontiers un accusé que son juge ? (…) Connaissez-vous des mères de famille prêtes à excuser et pardonner le meutrier potentiel de leurs enfants en échange de la seule vérité ? À quel point les instances du pouvoir sont-elles salies par le mensonge pour en arriver là ? (…) L’accusé sait quelque chose, c’est certain. (…) Et s'il se montrait plus humain que le pouvoir en révélant la vérité aux victimes ? Et si la réalité était pire que le meurtre de centaines d’adultes et d’enfants innocents ? (…)
En essayant de connaître la vérité sur cette tragédie, ces pauvres gens en réalité essaient de nous sauver tous.

Limogeage du ministre de l’Intérieur

Alors qu'il était en vacances, Alexandre Victorovitch Nazarov a appris par Internet que Poutine le relevait de ses fonctions. Croyant d’abord a un canular, il a obtenu confirmation de cet ordre par les services de presse de la présidence. Alexandre Nazarov va faire appel de cette décision : en congé, il ne pouvait être démis de son poste avant sa reprise de travail.

Réforme des droits de sucession

Lors de son assemblée du 22 juin, le conseil de la Fédération a proposé une loi abolissant les droits de succession pour les membres d’une même famille, au sens large du terme. Le texte prévoit d’abolir la taxation des revenus mobiliers et immobiliers reçus par héritage. Cette loi s'appliquera également aux dons en argent ou en nature (sauf biens immobiliers, titres et véhicules) faits aux héritiers directs. Selon le code de la famille, les autres héritiers paieront les 13% habituels.
En 2004, l'impôt sur les dons et héritages a rapporté plus de 26 millions d’euros. Le directeur de cabinet du ministre des Finances souligne le manque à gagner important provoqué par cette loi si elle est adoptée. 137 sénateurs ont voté pour. Deux ont voté contre. Deux autres se sont abstenus. Si Poutine contresigne la loi, elle entrera en vigueur le 1er janvier 2006.

Sans alcool, la fête est plus folle

Le maire de Iakoutsk a décrété que la vente d’alcool (vin et bière inclus) serait interdite sur les lieux de la fête de l'yssyakh les 25 et 26 juin. Toute infraction sera sévèrement punie : les contrevenants devront s'acquitter d'une forte amende.
Ndrl. "Regards de femmes" rencontre peu de gens ivres ce jour-là et c’est mieux… mais tout le monde avait largement prévu sa réserve personnelle.